Entretien : il faut investir davantage dans la mobilité urbaine [FR]

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Le Parlement européen appellera la Commission et les gouvernements européens à mettre en place des mécanismes de financement pour lutter contre l’encombrement et les problèmes de pollution croissants qui affectent nos villes. L’eurodéputé autrichien Reinhard Rack, rapporteur sur le livre vert de la Commission sur la mobilité urbaine s’explique dans un entretien à EURACTIV.

Dans son rapport qui doit être débattu à la commission Transport du Parlement en mai prochain et voté en séance plénière en juin, M. Rack présentera un certain nombre d’options visant à aider les villes à faire face au manque de financement pour améliorer les infrastructures destinées à accroître la mobilité urbaine. 

Dans un entretien à EURACTIV, il a déclaré que la situation dans les villes est très complexe. Il a ajouté que la plupart d’entre elles « attendent une aide le l’UE vis à vis de leurs administrations nationale et régionales », malgré le principe bien établi de subsidiarité, qui implique les décisions liées au transport urbain doivent être prises au niveau local. 

« Pratiquement toutes les villes rencontrent les mêmes problèmes – encombrements, infrastructures anciennes, manque de fonds pour investir dans de nouvelles infrastructures et, certains cas, manque d’influence politique et juridique pour construire de nouvelles infrastructures – parce que nous savons tous que les citoyens sont favorables à la libre circulation des transports mais qu’ils sont opposés à la construction de nouvelles routes. Ce n’est pas si facile ».

Le puzzle financier – faire payer les Etats membres ?

Parmi ses choix concernant les nouveaux moyens de financement, M. Rack reprend une ou deux solutions potentielles présentées par la Commission dans son livre vert. Il appelle notamment à mieux cibler les fonds de la Commission, telles que les fonds structurels et le Fonds de cohésion, vers des activités écologiques liées au transport urbain et la subvention croisée de solutions de transports « préférables », en utilisant des fonds issus de systèmes de péage urbain ou de redevances de stationnement.  

Cependant, il rejette la proposition de la Commission selon laquelle les villes peuvent compter sur le partenariat public-privé pour augmenter les fonds, affirmant : « je suis plutôt sceptique au PPP. Nous avons beaucoup discuté à ce sujet pendant ces 10 à 15 dernières années mais nous avons collecté peu de fonds depuis le début – l’exemple de l’échec le plus spectaculaire est bien sûr Galileo ».

 À la place, il veut que les Etats financent les améliorations pour la mobilité urbaine dans les villes. Il admet que l’idée est « un peu compliquée » en raison des questions de compétence et de subsidiarité, mais souhaite que l’idée selon laquelle les Etats membres « doivent assurer l’appui financier des villes et des communautés pour mettre en œuvre le droit communautaire » lié aux mesures environnementales et de transport soit incluse dans le document.

« Il ne serait pas suffisant que les Etats membres se contente de voter une loi suite à une directive ou de dire que le texte est directement applicable. Non, ils doivent également savoir qu’ils ont des responsabilités financières pour faire fonctionner les règles juridiques européennes et pour leur permettre d’être appliquées […] Vous ne pouvez pas avoir le beurre et l’argent du beurre », souligne t-il.

Une vision claire de l’avenir

Les questions financières mises à part, M. Rack a dit qu’en tant que rapporteur, sa principale remarque serait « d’obtenir des réponses claires sur le niveau exact d’implication de l’UE que nous désirons, sur la vision européenne que nous voulons à terme et sur la façon dont celle-ci reflète les souhaits et des besoins des institutions locales et régionales ». Il déclare que sur les 500 questions de la liste des tâches à accomplir par la Commission dans le livre vert, ceci n’a pas été fait.  

Il pense que l’UE « ne devrait pas essayer de réglementer les problèmes de transports locaux dans telle ou telle ville ». Elle devrait plutôt proposer aux autorités locales un paquet de mesures potentielles et standardisées qui leur permettraient de choisir l’approche la mieux adaptée à leur ville – que ce soit un problème d’encombrement, une zone à faible émission ou un système de stationnement à l’extérieur de la ville –  tout en respectant, dans une certaine mesure, les règles européennes, qui serait mieux identifiée par tous les citoyens.
« Ca devrait être comme dans un sushi bar : l’Europe devrait être en mesure de proposer différents plats et les villes pourraient alors les prendre ou les laisser », déclare t-il.

Accorder plus d’attention au fret

M. Rack a le sentiment que “la Commission n’a pas suffisamment étudié la question du fret”. 
“Elle se concentre trop sur le transport et les voitures personnelles. Aussi importantes que soient ces questions, elles ne représente que la moitié du problème », affirme t-il.

Dans son rapport, il demande à la Commission d’accorder plus d’attention au transport de fret et donne quelques exemples de meilleures pratiques– tels qu’utiliser les lignes de bus pour le transport de fret à certains moments ou utiliser les lignes du tram pour aider à résoudre le problème des « derniers kilomètres » – qui pourrait faciliter le transport urbain des produits dont les gens ont besoin. 

 

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici

En présentant un livre vert sur les transports urbains le 25 septembre 2007, le commissaire européen chargé des transports, Jacques Barrot, a lancé une vaste consultation sur la manière de résoudre les problèmes croissants d’encombrement, de pollution et de sécurité liés à la mobilité urbaine dont souffrent les villes européennes.

Un plan d’action contenant des mesures concrètes doit être présenté en octobre 2008, à partir de cette consultation.

  • Mai 2008 : la commission Transports doit voter le rapport de M. Rack sur le livre vert sur la mobilité urbaine.
  • 16 juin 2008 : le Parlement doit voter sur le rapport.
  • Oct. 2008 : la Commission doit adopter le plan d’action basé sur le livre vert.

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