Entretien : l’UE doit se concentrer sur le financement du service postal universel [FR]

letters_in_boxes.jpg

Alors que les règles de libéralisation des marchés postaux en Europe doivent être adoptées le 1er janvier, Pál Szabó, PDG de la poste hongroise (Magyar Posta), met en avant un certain nombre de mauvaises expériences dans les pays ayant déjà ouvert leur marché postal à la concurrence. Il souligne la nécessité de trouver une solution de financement durable pour permettre aux opérateurs de continuer à fournir un service de qualité de distribution du courrier aux citoyens.

Dans une communication publiée le 9 novembre, la Commission a salué l’adoption formelle par les Etats membres de l’UE la veille d’une position commune sur la libéralisation des services postaux en Europe. Elle a affirmé que cette communication reflète totalement les éléments fondamentaux de sa proposition d’origine, malgré le fait qu’elle soit en contradiction avec les demandes formulées plus tôt par le commissaire au Marché intérieur Charlie McCreevy, pour que la date limite de 2009 soit respectée.

La position commune du Conseil est en revanche conforme à la recommandation du Parlement consistant à reporter l’ouverture complète des marchés postaux jusqu’en 2011, voire 2013, pour onze Etats membres, et d’appliquer une clause temporaire de réciprocité aux Etats membres ayant recours à cette période de transition.

Les législateurs devraient approuver le texte sans aucun changement le 30 janvier 2008. La Commission aura ensuite pour tâche de rédiger en détail les « orientations pour le calcul du coût net éventuel du service universel » afin d’assurer les conditions les plus équitables entre opérateurs et d’éviter les violations du droit de la concurrence, dans la mesure où les opérateurs cherchent à compenser les coûts financiers des obligations de service universel qui leur sont imposés.

Dans un entretien à EURACTIV, Pál Szabó, président directeur général de la poste hongroise Magyar Posta, a salué la décision consistant à accorder davantage de temps à certains pays pour mettre en œuvre la directive en déclarant que « les niveaux de préparation des Etats membres sont assez différents ». Il estime que cette double approche de l’ouverture du marché ne faussera pas la concurrence dans la mesure où le délai ne concernera « pas plus de 10 % du marché postal européen et durera à peine deux ans ».

Il a constaté qu’il y avait eu « quelques mauvaises expériences » dans le domaine de l’emploi et des conditions de travail dans les pays ayant déjà libéralisé leur marché postal et a affirmé que l’attention devrait être portée sur l’amélioration des conditions sociales, notamment les salaires et autres bénéfices.

Les travailleurs britanniques dans le domaine de la poste ont entamé des grèves massives à la fin du mois d’octobre, une tentative destinée à améliorer les pratiques de travail de la Royal Mail, qui fonctionnait dans le contexte d’un marché totalement libéralisé depuis 2005. Le prestataire de service universel compte désormais avec la concurrence de 17 autres entreprises et affirme avoir déjà cédé 40 % du marché à ses rivaux, soulignant la nécessité de moderniser les pratiques de travail. 

P. Szabó a constaté que, avec la libéralisation progressive qui a déjà lieu dans la livraison de colis et les services express, « tous les grands concurrents internationaux sont déjà présents sur le marché hongrois (…) Nous sommes certains que le niveau de concurrence augmentera de manière significative.

Même s’il ne pense pas que le niveau de service aux citoyens sera compromis, grâce à une « série clairement définie d’obligations pour les prestataires de service universel », il souligne qu’avec l’élimination de la zone réservée – qui, selon lui, s’avère une solution « simple, transparente » et « économiquement favorable à l’Etat » – « la tâche la plus importante pour le moment est de trouver une autre solution de financement appropriée et durable afin de conserver les même services universels de haute qualité à l’avenir ».

Les subventions publiques, estime-t-il, ne sont pas une option réalisable pour la plupart des nouveaux Etats membres. Il suggère qu’un « mécanisme de ‘pay or play’ », par lequel une licence devra être accordée aux nouveaux opérateurs respectant certaines normes minimum pour opérer dans le marché national, « pourrait être la meilleure solution possible ».

Pour lire l’intégralité de l’entretien de Pál Szabó, cliquez ici.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer