L’environnement est à l’honneur chez Volkswagen

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Le constructeur Volkswagen a surpris Bruxelles en annonçant qu’il avait reconsidéré sa position quant aux objectifs européens d’émissions des voitures. L’entreprise a promis de réduire ses émissions de carbone à 120g de CO2 par kilomètre d’ici 2015, soit 10g de moins que les objectifs de l’UE.

Le constructeur automobile allemand a annoncé hier (6 mars) une « restructuration écologique fondamentale » qui lui permettrait de réduire de 30 % ses émissions de dioxyde de carbone sur la période 2006-2015.

« Chaque nouvelle génération de modèle sera en moyenne 10 à 15 % plus efficace que la précédente », a fait savoir l'entreprise dans un communiqué.

Sur un total de 62,4 milliards d'euros, plus de deux tiers des investissements de Volkswagen entre aujourd'hui et 2016 seront consacrés à l'élaboration de véhicules plus efficaces, peut-on lire dans ce communiqué.

« Nous sommes heureux que de plus en plus de constructeurs automobiles décident de dépasser les objectifs de 2015. Nous espérons que ces constructeurs poursuivront leurs efforts de réduction des émissions de CO2 en vue d'atteindre l' objectif de 95g par kilomètre pour 2020 », a déclaré à EURACTIV Isaac Valero Ladron, porte-parole de l'UE dans le domaine de l'action pour le climat.

Des ONG très étonnées

Cette nouvelle a fait l'effet d'une bombe dans la mesure où Volkswagen était fortement engagé contre les normes de l'UE, à tel point que l'entreprise avait été désignée par Greenpeace comme le constructeur le plus polluant d'Europe. L'ONG verte avait alors lancé une campagne sur le thème de « Star Wars » contre la position de Volkswagen.

Dans une note envoyée à l'UE en juin 2010, consultée par EURACTIV, le groupe de pression de Volkswagen affirmait que les futurs objectifs de réduction d'émissions « ne seraient certainement pas atteints par le biais de mesures d'efficacité énergétique concernant les véhicules seulement ».

Cette note indiquait que l'objectif de 95g proposé par l'UE n'était « nullement fondé sur une analyse d'impact ou une étude réaliste des coûts et des progrès techniques nécessaires pour l'atteindre dans les temps impartis ».

Franziska Achterberg, conseillère de Greenpeace sur la politique européenne des transports, a déclaré que la volte-face du constructeur prouvait que les lobbyistes avaient induit les décideurs politiques européens en erreur quant à la possibilité technique d'atteindre des réductions de carbone conséquentes.

« Ils ont crié au loup et obtenu de l'UE qu'elle fixe une norme trop peu ambitieuse », a-t-elle déploré. « Face à une pression publique intense, ils reconnaissent à présent qu'ils peuvent produire des voitures propres à un rythme bien plus rapide. »

En 2007, Volskwagen avait affirmé qu'il était techniquement impossible  d'atteindre l'objectif de 120 g d'ici 2012, expliquant que cela entraînerait une crise de l'emploi.

« Les décideurs politiques européens devraient faire attention de ne pas commettre la même erreur lorsqu'ils réviseront, cette année, leurs normes sur l'émission des voitures pour 2020. Ils risquent sinon de se retrouver avec un objectif qui sera dépassé avant même son entrée en vigueur », a-t-elle averti.

Réduction des émissions

La nouvelle du « verdissement » de Volkswagen est tombée au même moment qu'un nouveau rapport d'experts de JATO Dynamics, qui a révélé que les émissions des voitures récentes au sein de l'UE avaient diminué de 3,4 % l'année dernière. Elles étaient alors tombées à 136g par kilomètre.

En 2010, les émissions de la totalité du parc automobile européen étaient en moyenne de 141 g par kilomètre. Mais si les réductions pour 2011 sont confirmées par les chiffres officiels de l'UE, celle-ci restera en bonne voie pour atteindre l'objectif de 130 par kilomètre d'ici 2015.

Siegried de Vries, porte-parole de l'association européenne des constructeurs automobiles, a démenti les affirmations des défenseurs de l'environnement selon lesquelles cela prouvait que les objectifs pour 2015 étaient obsolètes et devaient être renforcés.

« Nous ne sommes pas en 2015. Il s'agit toujours d'un objectif difficile, cela ne changera pas », a-t-elle expliqué à EURACTIV.  

« Au cours des prochaines années, chaque nouveau modèle présentera des améliorations, car les constructeurs progressent rapidement, mais il est trop tôt pour en prédire les résultats. Il est donc absolument insensé de dire que les objectifs sont obsolètes. »

Les voitures de particuliers sont responsables à elles seules d'environ 12 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) dans l'UE. Il s'agit du principal gaz à effet de serre.

En 2007, l'UE a proposé une réglementation fixant des normes d'émissions pour les nouvelles voitures. Elle a été adoptée en 2009 par le Parlement européen et le Conseil. Cette législation est la pierre angulaire de la stratégie européenne s'agissant de limiter la consommation de carburant des voitures de particuliers et de s'assurer que leurs émissions moyennes dans l'UE ne dépassent pas 120 g CO2/km.

Le très attendu livre blanc sur les transports, présenté par la Commission en février 2011, mentionne des mesures pour lever les 1,8 mille milliards d'euros nécessaires à la construction d'infrastructures au cours des 20 prochaines années, afin de pouvoir mettre sur pied un système de transport compétitif qui augmentera la mobilité, lèvera les principales barrières dans des domaines clés et alimentera la croissance et l'emploi.

Dans le même temps, ces propositions réduiront fortement la dépendance de l'Europe face au pétrole importé et réduiront les émissions de carbone dans les transports de 60 % d'ici 2050.

  • 2015 : date butoir de l'UE pour l'objectif d'émission de moins de 130 g par kilomètre pour les véhicules.
  • 2020 : proposition de l'UE pour un objectif de moins de 95 g par km pour les nouveaux véhicules.

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