L’UE mise sur un ferry au GNL en Allemagne

L'UE finance la construction d'un ferry qui utilise un combustible alternatif. [Zachary Esni/Flickr]

Deux entreprises allemandes ont reçu 4 millions d’euros de la Commission européenne pour construire un ferry fonctionnant grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi qu’une station de ravitaillement, en mer du Nord. Le projet pourrait ouvrir la voie à une utilisation plus généralisée du GNL dans le transport maritime.

Le gaz naturel liquéfié représente-t-il une solution aux problème d’approvisionnement en gaz de l’Europe ? La Commission mise dessus. Elle vient d’investir dans une station de ravitaillement et un ferry en mer du Nord, où les stations de ravitaillement sont rares.

Le GNL est considéré comme une alternative aux huiles lourdes car il n’émet pas de dioxyde de soufre, une substance qui pollue l’eau. L’utilisation de GNL permet en outre de réduire les émissions de carbone et d’azote, deux gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement de la surface terrestre et au changement climatique.

La réduction des émissions marines de soufre a été définie comme une priorité européenne il y a plus de 10 ans. Une directive européenne oblige les armateurs dont les bateaux circulent dans la mer du Nord et dans la mer Baltique à réduire les émissions de soufre à 0,1 % à partir de janvier 2015. Les entreprises doivent se dépêcher de se conformer à cette règle si elles ne veulent pas être sanctionnées.

>> Lire : L’Europe s’attaque aux émissions de soufre des navires

« Le GNL est un bon moyen de s’adapter à la loi limitant les émissions marines de soufre dans la mer du nord et la Baltique. Ce combustible fossile pourrait faciliter la transition vers des carburants plus verts pour les bateaux », explique Sotiris Raptis, de l’ONG Transport & Environment.

Mais attention : « Le GNL n’est toutefois pas un remède miracle. Il s’agit toujours d’un combustible fossile qui émet du méthane, un gaz à effet de serre », avertit-il.

Selon l’ECSA, l’Association des armateurs de la Communauté européenne, la plupart des armateurs se sont déjà efforcés d’appliquer la nouvelle directive. Ceux-ci disposent de plusieurs options pour rendre leurs bateaux moins polluants.

Ils peuvent utiliser un combustible de soute dont la teneur en soufre ne dépasse pas 0,1 %, des techniques de réduction, comme des épurateurs, ou des combustibles moins polluants, comme le GNL et le méthanol. La solution du GNL est l’option la moins courante.

La construction du bateau écologique et de la station de ravitaillement financés par la Commission européenne pourrait donc encourager plus d’armateurs de la région à choisir cette solution. Malheureusement, le projet sera loin d’être fini à l’entrée en vigueur de la nouvelle directive et les armateurs devront de toute façon trouver une autre solution dans l’immédiat.

>> Lire : Les nouvelles règles sur les carburants maritimes pourraient coûter des milliards d’euros

La Commission estime malgré tout que le nouveau ferry permettra une amélioration de la circulation dans la zone et qu’il sera plus rapide que les autres bâtiments. Ce ferry sera en effet construit selon un concept novateur et avec un design particulier. La Commission espère ainsi diffuser une meilleure pratique qui servirait d’exemple aux armateurs.

L’ONG Transport & Environment ne partage néanmoins pas cet avis et ne voit pas dans ce projet un exemple à suivre : « Les financements européens devraient être distribués en fonction des objectifs climatiques de l’UE et utilisés de manière à supprimer le CO2 du secteur des transports, et non pas servir à subsidier l’utilisation d’un autre combustible fossile. »

Le ferry, qui coûtera 8 millions d’euros, assurera la liaison entre l’archipel d’Heligoland et le reste de l’Allemagne. Il sera partiellement financé par le programme RTE-T de la Commission. RTE-T est l’instrument le plus important en matière de transport dont dispose la Commission, il contribue à l’entretien et à l’amélioration des infrastructures européennes en finançant des projets verts, comme cette initiative allemande.

En 2011, la Commission européenne a adopté une feuille de route comprenant 40 initiatives concrètes sur la construction d’une politique des transports compétitive. Ce document donne des pistes concernant une augmentation de la mobilité, la suppression des principaux obstacles dans différents domaines et la promotion de la croissance et de l’emploi. L’objectif principal de ces initiatives était de réduire la dépendance énergétique de l’UE vis-à-vis du pétrole étranger et la réduction de 60 % des gaz à effet de serre émis par le secteur des transports d’ici à 2050.

La directive concernant la réduction de la teneur en soufre de certains combustibles liquides est l’une des initiatives qui contribueront à la réduction de la pollution dans le secteur maritime Elle oblige les États membres à prendre toutes les mesures nécessaires afin que les bateaux utilisent des carburants dont la teneur en soufre ne dépasse pas 0,1 % à partir du 1er janvier 2015.

Il reste deux mois aux armateurs pour se conformer à cette directive.

Commission européenne :

  • Projet pour le financement du ferry et de la station de ravitaillement (en anglais)

  • Directive concernant une réduction de la teneur en soufre de certains combustibles liquides

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