Les mesures prévues visant à limiter la taille des bagages que les voyageurs européens peuvent embarquer à bord des avions ont été retirées, de peur de provoquer un chaos similaire dans les aéroports européens à celui provoqué par l’interdiction des liquides en cabine.
La Commission a annoncé le 5 mai 2008 qu’elle n’avancerait pas dans les plans destinés à introduire un règlement limitant à 56 x 45 x 25 cm la taille autorisée des bagages de cabine.
La mesure, qui devait à l’origine être introduite à partir de mai 2007, faisait partie d’un ensemble de règles destinées à renforcer la sécurité à bord des avions, et adoptées pendant l’été 2006 suite à la découverte d’un complot terroriste de contrebande de liquides explosifs sur un vol en provenance de l’aéroport londonien d’Heathrow vers les Etats-Unis (EURACTIV 28/09/06).
Après une année d’études, la Commission a jugé que l’efficacité de cette mesure ne justifiait pas les coûts additionnels et les gênes qu’elle occasionnait aux passagers.
M. Jacques Barrot, commissaire européen en charge des Transports, a déclaré: «Nous devons trouver un juste équilibre entre confort des passagers et sécurité. Nos règles d’inspection sont déjà très strictes […] dans le cas présent, il est clair que ces limitations supplémentaires ne représenteraient pas un progrès suffisant en matière de sûreté ».
Ce changement d’attitude est notamment dû à la confusion et aux perturbations provoquées à la suite de l’introduction d’une règle en novembre 2006, limitant la quantité de liquides que les passagers peuvent emporter en cabine. La nouvelle limitation a bouleversé l’organisation des aéroports européens, entraînant des retards et la confiscation de millions de litres d’alcool, de dentifrice et de parfum (EURACTIV 13/02/07).
Les aéroports européens, qui protestent souvent contre le poids financier des nouvelles mesures de sécurité, ont salué la décision de la Commission de retirer la réglementation relative aux bagages à main. D’après le Conseil international des aéroports Europe, la mise en œuvre des règles de sécurité concernant les liquides a déjà engendré une réduction de 25% de la quantité de liquide passant les points de contrôle de sécurité dans les aéroports. Le Conseil a redouté que cette dernière disposition n’occasionne davantage de gêne pour les passagers, sans aucune justification technique avérée du point de vue de la sécurité.
De plus, le Conseil appelle l’UE à intensifier ses efforts pour aborder les problèmes liés aux règles sur les liquides. La Commission a déjà déclaré, en juillet dernier, qu’elle travaillait pour limiter la gêne occasionnée par la réglementation en autorisant les passagers en provenance de pays tiers « approuvés » (qui appliquent les normes équivalentes à l’UE dans le domaine de la sécurité aérienne) de voyager librement avec leurs achats de liquides hors taxe lorsqu’ils transitent au sein de l’UE. Mais jusqu’à présent, Singapour est la seule ville à avoir été approuvée.
Olivier Jankovec, directeur général de ACI Europe a déclaré qu’il apprécie énormément les efforts de la Commission européenne pour trouver une solution juridique à ce problème mais qu’il faut désormais renouveler l’engagement envers la mise en œuvre. Selon lui, c’est la seule manière de remédier à la frustration croissante des passagers et aux pertes considérables générées par le système actuel de sécurité.

