Lancement de GALILEO, malgré l’opposition espagnole [FR]

satellite_pic_ESA.jpg

Les ministres européens des Transports sont parvenus à un accord sur la répartition du développement industriel aérospatial pour GALILEO. Déçue de ne pas accueillir l’un des centres de contrôle du système, l’Espagne s’est opposée en vain à cet accord attendu depuis longtemps lors du vote à la majorité qualifiée.

Après la réunion du Conseil du 29 novembre 2007, le commissaire européen aux Transports Jacques Barrot a déclaré que GALILEO était sur le point d’être lancé. Le plan industriel vient juste d’être approuvé. L’accord sur le projet européen de navigation par satellite a été conclu juste avant le délai de la fin de l’année, fixé par la Commission. 

Après des heures de négociations, 26 des 27 ministres européens du Transport ont voté pour le plan de la Commission relatif aux appels d’offres industriels, qui établit l’organisation du travail pour mettre en place le système européen de navigation par satellite entre les principales industries aérospatiales européennes (EURACTIV 26/11/2007).

L’Espagne a voté contre ce plan, car il ne garantit pas que le pays pourrait accueillir un des centres de contrôle de GALILEO. Avec le soutien des autres Etats membres, la présidence portugaise a proposé que le centre espagnol de protection civile (Safety of Life), qui s’occupe d’opérations de sauvetage, pourrait devenir un centre de contrôle au sol de GALILEO, si les conditions sont remplies, mais cette proposition n’a pas satisfait l’Espagne. Le pays s’est donc retrouvé isolé lors du vote final. Les deux principaux centres de contrôle sont en Italie et en Allemagne.

Le ministre portugais aux Transports Mário Lino a déclaré que l’UE allait maintenant progresser dans la phase de mise en œuvre et mettre un terme à la période de perturbations qui ont récemment accompagné le processus.

D’après le commissaire Barrot, le plan industriel a été très difficile à mettre en œuvre parce qu’il fallait concilier une mesure nécessaire de concurrence avec la volonté d’obtenir des allocations équitables pour le travail de construction de GALILEO. C’est donc en répartissant le programme sur six ensembles et en imposant le recours à la sous-traitance qu’il a été possible de maintenir la concurrence afin que toutes les industries aérospatiales en Europe puissent participer à ce projet.

La semaine dernière, les ministres européens en charge du budget ont accepté de couvrir les 2,4 milliards d’euros supplémentaires nécessaires pour faire décoller le projet GALILEO grâce aux fonds communautaires inutilisés, principalement réservés à la politique agricole commune de l’Union. Le programme a déjà accumulé quatre années de retard et certains doutent qu’il deviendra un jour économiquement viable ou qu’il pourra concurrencer le GPS américain.

Cependant, d’après un diplomate d’un Etat membre, tout le monde sait qu’il ne s’agit pas de faire des affaires dans le projet GALILEO. Nous avons seulement besoin de notre propre système européen, car dans une situation militaire très sensible, nous ne pouvons pas faire confiance au GPS. 

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire