Le chantier de la modernisation de l’espace aérien européen démarre

« En Europe, les avions volent en moyenne 42 kilomètres de plus que nécessaire [NATS Press Office]

L’industrie du transport aérien devrait recevoir 3 milliards d’euros de la part de la Commission européenne afin d’amélioration des infrastructures encore fragmentées et améliorer les temps de transport au sein de l’UE. 

Quatre compagnies aériennes, 25 exploitants d’aéroports et 11 contrôleurs aériens constituent l’entreprise commune de recherches SESAR, qui va moderniser l’espace européen grâce aux fonds de la Commission.

« L’accord [du 5 décembre] est une belle réussite pour l’aviation européenne, qui changera à jamais le système de navigation aérien en le rendant à la fois plus intelligent, moins cher, plus vert et plus sûr », s’est félicitée Violeta Bulc, commissaire au transport.

>> Lire : Violeta Bulc veut faire profiter les transports du plan Juncker

Les systèmes actuels ne sont que peu armés face au nombre toujours plus élevé de vols et aux obligations de limiter les coûts et les émissions, puisque leurs technologies datent pour la plupart des années 1950.

SESAR doit permettre la fusion des 28 systèmes de contrôle aérien nationaux. Contrairement aux États-Unis, l’Europe a toujours un espace aérien fragmenté. Étant donné la structure des espaces aériens des États membres, organisés en fonction de leurs frontières, les avions ne peuvent souvent pas emprunter le chemin le plus direct vers leur destination.

« En Europe, les avions volent en moyenne 42 kilomètres de plus que nécessaire à cause de la fragmentation de l’espace aérien. Cela allonge les durées de vol, occasionne des retards et engendre une plus grande utilisation de carburant, et donc plus d’émissions de CO», rappelle la Commission.

Une étude menée par l’exécutif européen montre que les États européens perdent jusqu’à 4 millions d’euros par an à cause de de leurs infrastructures inadéquates. Selon la Commission, SESAR contribuerait à hauteur de 419 milliards d’euros à l’économie européenne entre 2013 et 2030, et permettrait, entre autres conséquences directes et indirectes, la création d’environ 328 000 emplois. Ce programme fait partie de l’initiative ciel unique, un projet plus large ayant pour but la restructuration de l’espace aérien de l’Union.

>> Lire : 18 États membres à la traine sur le projet de ciel unique européen

Vers un ciel unique européen

Au début du mois de décembre, le Conseil a donné son consentement partiel quant à la législation entourant le projet de ciel unique, mais celle-ci ne pourra être appliquée tant qu’un compromis avec le Parlement n’aura pas été trouvé. L’approbation du soutien financier au projet est une étape essentielle de sa concrétisation.

« C’est un jour historique pour le ciel unique européen et pour l’aviation », souligne ainsi Richard Deakin, directeur de NATS, le service de contrôle aérien principal du Royaume-Uni. « Cette coopération montre à quel point l’industrie est unie dans son engagement concernant la modernisation de l’espace aérien européen. »

Le ciel européen est divisé en 27 secteurs aériens distincts, ce qui force les avions à entrer dans plusieurs systèmes de contrôle pour atteindre leur destination et les empêche souvent de prendre l’itinéraire le plus court. Les compagnies aériennes européennes estiment à 5 milliards d’euros par an les pertes dues au manque d’harmonisation de la gestion de l’espace aérien européen.

Le projet de ciel unique européen vise à moderniser la gestion de l’espace aérien afin de mieux s’adapter au trafic toujours plus intense, à rendre l’espace aérien plus sûr et à réduire à la fois les coûts et les émissions de CO2 du secteur.

L’entreprise commune SESAR, un partenariat privé-public de recherche et développement dans le secteur aérien, est l’outil technologique de l’initiative de ciel unique européen et œuvre à l’élaboration du futur système de gestion de l’espace aérien.

Commission européenne

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