Le Parlement européen propose une aide record pour les licenciés d’Air France

La commission de l’Emploi et des Affaires sociales du Parlement européen a adopté le 2 décembre la proposition de la Commission européenne d’octroyer une aide inédite de 25 millions d’euros aux salariés licenciés de la compagnie Air France.

C’est un pas de plus vers une aide pour le personnel licencié d’Air France. Le 2 décembre les eurodéputés de la commission Emploi et Affaires sociales du Parlement européen ont voté en faveur d’une aide de plus de 25 millions d’euros au titre du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation. A la suite de licenciements survenus au sein de la société Air France dans le cadre du projet « Transform 2015 », 5213 employés ont perdu leur emploi.

Ces licenciements sont survenus à la suite du déclin rapide de la part de marché de l’Union européenne dans le transport aérien, entre 2008 et 2013. Les licenciements ont surtout touché les régions d’Île-de-France, de Midi-Pyrénées et de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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Le 11 novembre dernier, la Commission européenne a proposé de soutenir les anciens salariés d’Air France. La commissaire européenne à l’emploi, les affaires sociales, les compétences et la mobilité des travailleurs, Marianne Thyssen a déclaré que « le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation est l’expression concrète de la solidarité européenne. Il continuera d’aider les États membres à réintégrer sur le marché du travail des personnes qui ont perdu leur emploi et à adapter leurs compétences ».

3886 anciens salariés bénéficieront de l’aide européenne

« Dans le cadre du projet “Transform 2015’ d’un montant total de 51.875.626 euros, l’Union européenne interviendrait à hauteur de 60 %, c’est-à-dire 25.937.813 euros. Un montant inédit pour ce fonds européen et destiné à 3886 travailleurs licenciés d’Air France qui, au moment de leur départ, n’avaient pas encore de plan de reclassement précis », a expliqué l’eurodéputé français du PPE, Jérôme Lavrilleux dans un communiqué.

Grâce à cette aide du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation, les travailleurs licenciés pourront entre autres bénéficier de services de formation professionnelle et de conseil, de différents types d’entrainement, d’allocation de redéploiement ainsi que d’allocation de mobilité.

La proposition de la Commission doit encore être votée en commission des Budgets le 11 décembre prochain, avant de passer par le vote du Parlement européen le 16 décembre prochain durant la session plénière à Strasbourg.

La Commission sort le porte-monnaie pour la France

Jusqu’à ce jour, Paris a effectué sept demandes de contribution du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation auprès de la Commission, dont certaines ont abouti. Le 25 novembre dernier, le Parlement européen a approuvé l’aide pour les travailleurs licenciés des abattoirs Gad en Bretagne.

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En 2012, 2089 travailleurs licenciés par PSA Peugeot Citroën entre la fin 2009 et 2010 dans la foulée de la baisse brutale de la demande de voitures neuves ont obtenu une aide de 11,9 millions d’euros.

Le Fonds d’ajustement à la mondialisation peut être sollicité, sur demande d’un État membre, pour venir en aide aux entreprises souffrant des conséquences de la mondialisation. Créé en 2007, le Fonds a fait l’objet de 130 demandes d’intervention. 536 millions d’euros d’aide ont déjà été sollicités pour de plus de 116.000 travailleurs. Cependant malgré une importante demande, le budget du Fonds va baisser de 500 à 150 millions d’euros pour la période 2014-2020.

Le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation est doté d’un  budget annuel maximum de 150 millions d'euros pour la période 2014-2020. Son objectif aide les personnes ayant perdu leur emploi à la suite de changements structurels majeurs engendrés par la mondialisation dans le commerce international, ou de la crise économique et financière mondiale.

Unique condition, au moins 500 salariés ou travailleurs indépendants doivent avoir perdus leur emploi. Le FEM peut alors financer jusqu'à 60 % du coût des projets destinés à aider les personnes ayant perdu leur emploi à retrouver du travail ou à créer leur propre entreprise.

11 décembre : vote de la proposition en commission des Budgets

16 décembre : vote de la proposition en session plénière à Strasbourg

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