Le TGV Bruxelles-Strasbourg vient soutenir le siège alsacien du Parlement européen

La SNCF a annoncé le 8 juillet l’ouverture d’une liaison direct en TGV entre les deux villes européennes. Cette décision ravit les défenseurs du siège strasbourgeois du Parlement européen.

Il ne faudra plus que 3h30 pour faire le trajet Bruxelles-Strasbourg. Dès le printemps 2016, la SNCF va mettre en service la liaison entre les deux villes européennes, à raison de deux allers et retours par jour.

Pour le moment, il n’existe pas de liaison directe par TGV pour rejoindre les deux villes à l’exception d’un aller-retour chaque mois pour le personnel des institutions européennes lors des sessions plénières au parlement de Strasbourg. Toutefois il est possible d’effectuer le trajet entre Strasbourg et Bruxelles par un train classique en 5 heures voire 5h30 en traversant la Wallonie et le Luxembourg.

Durant le trajet, le train devrait passer par les gares de Lorraine TGV, Champagne-Ardenne TGV, Roissy CDG et Lille alors que jusqu’à présent il traverse le Luxembourg et la Wallonie. Un choix de tracé que justifie la SNCF par des « infrastructures luxembourgeoises et wallone qui ne permettent pas au train de rouler à plus de 320km/h comme cela est le cas entre Strasbourg et Paris », précise la SNCF interrogée par EURACTIV.fr. Selon l’entreprise, cette décision de nouvelle ligne de train répond à une attente de la clientèle.

La liaison Bruxelles-Strasbourg au cœur du débat sur le siège du Parlement

Qu’il s’agisse du train ou de l’avion, Strasbourg est difficile d’accès. C’est d’ailleurs un des arguments avancé par de nombreux députés et fonctionnaires européens qui voyagent chaque mois entre les deux villes. « Le problème de l’accès rapide à Strasbourg arrive en numéro un dans la guérilla contre Strasbourg », affirme Constance Le Grip rapporteur pour le Groupe PPE au Parlement sur le rapport relatif à la fixation des sièges des institutions de l’Union européenne. La députée s’est d’ailleurs montrée très satisfaite de la mise en place de cette liaison qui, selon elle, répond à une demande et à une besoin.

>> A lire aussi : Nouvelle polémique sur le coût du siège du Parlement européen à Strasbourg

Pour Constance Le Grip, « il est évident que ce sujet n’est pas que ferroviaire mais aussi politique ». Elle estime que cette annonce va « couper l’herbe sous le pied des adversaires » au siège strasbourgeois du Parlement.

Selon la députée, le stock de récriminations de députés comme de fonctionnaires de l’UE « anti-Strasbourg » va nettement diminuer même s’il reste encore d’autres difficultés à palier comme l’accès par avion pour les députés européens ou encore le parc hôtelier encore insuffisant, qui entraîne une forte inflation des prix lors des sessions parlementaires.

«La décision en la SNCF ne va pas supprimer tous les problèmes d’un coup mais c’est un pas en avant positif », conclut l’élue.

>> A lire aussi : Les eurodéputés veulent la peau du siège du Parlement à Strasbourg

Selon une décision prise lors du Conseil européen d'Édimbourg en 1992, le siège officiel du Parlement européen se situe à Strasbourg. Douze séances plénières de quatre jours doivent s'y tenir chaque année. Toute modification nécessiterait un amendement des traités de l'UE, une procédure qui requiert l'unanimité des États membres de l'UE.

Le système à deux sièges est souvent remis en question, notamment en raison des coûts. Ses détracteurs indiquent que les déplacementsdu Parlement coûtent environ 200 millions d'euros par an aux contribuables.

Le Parlement européen compte également un troisième siège au Luxembourg pour sesbureaux administratifs. L'assemblée de l'UE aorganisé quelques sessions plénières àLuxembourg entre 1967 et 1981.

Printemps 2016 : ouverture de la liaison directe par TGV entre Bruxelles et Strasbourg

Subscribe to our newsletters

Subscribe