Ces véhicules de 25 mètres de long et de 60 tonnes, actuellement testés à travers l’UE pour leur capacité à transporter de plus grands volumes en moins de trajets, ont fait l’objet de vives critiques de la part de l’industrie ferroviaire, qui les accuse de « gonfler » la demande en transport routier de manière non durable.
Selon une étude publiée par les associations européennes du secteur des transports UIC, CER, EIM, UIRR, UNIFE et ERFA, le lancement des « camions monstres » rendrait le transport routier moins cher qu’il ne l’est aujourd’hui et impliquerait un nouveau transfert modal du transport de marchandises par voie ferroviaire vers le transport routier.
Cette étude est publiée alors qu’un nombre croissant d’Etats membres perçoivent ces « camions modulaires » comme une solution potentielle au problème grandissant de la pollution et des encombrements en Europe.
Actuellement ces camions sont interdits dans une grande partie des Etats membres, où la longueur maximale des camions est limitée à 19 mètres et le poids ne doit pas excéder 40 tonnes. La Suède et la Finlande les ont pourtant autorisés et l’Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark envisagent de le faire également.
Alors que le droit européen indique les Etats membres peuvent autoriser ces camions plus longs et plus lourds sur leur propre territoire, jusqu’à maintenant, il ne le permet pas le transit international. La Commission a néanmoins récemment annoncé qu’elle lancerait une étude afin d’évaluer s’il est profitable de les mettre en circulation au niveau européen, en amont de la publication de son Plan d’action pour la logistique prévu pour la fin de l’année 2007 (EURACTIV 28/06/06).
L’Union internationale des transports routiers (IRU), soutient : « Du point de vue des entreprises, l’approche modulaire améliore l’efficacité et la rentabilité, puisqu’elle leur permet de réduire les frais de carburant en transportant le même volume de marchandises avec moins de véhicules ». Elle ajoute : « D’un point de vue écologique, l’approche modulaire est synonyme de diminution du nombre de trajets, et donc des émissions polluantes et de la congestion ».
Les associations du transport ferroviaire soutiennent cependant que l’introduction de tels véhicules produirait l’effet inverse : « Si le transport routier devenait encore moins cher, une nouvelle demande en transport serait générée ». Selon ces associations, il se produira un déclin de la demande en transport ferroviaire, qui ne produit qu’un cinquième des émissions provenant du transport routier, nuisant alors à l’objectif de l’UE de réduction des émissions de 20% d’ici 2020.
Elles indiquent que l’autorisation des méga camions augmentera également la gravité des accidents de la route et impliquera de changements coûteux dans les infrastructures. Les routes, les ponts, les ronds-points et les zones de stationnement existants devront en effet être modifiés afin de permettre à ces camions monstres de passer.
L’étude conclut : « Encourager l’admission et la prolifération des méga camions sur les routes européennes n’est certainement pas compatible avec la vision d’un marché du transport plus durable ».
