Les routes électriques pourraient révolutionner le transport

De plus en plus de bus électriques circulent dans les villes (Credit: [Philip Lange]/Shutterstock)

L’urgence de décarbonisation des transports devrait favoriser les routes et villes intelligentes et le recours massif à l’électricité pour la mobilité. Mais la volonté politique en la matière reste timide.

Après la route et l’autoroute, la recherche est en train d’élaborer la route de cinquième génération. Cette route sera capable, par exemple, d’emmagasiner la chaleur pour dégeler la chaussée ou de recharger les voitures électriques en roulant

Les entreprises regorgent d’inventivité dans ce domaine pour accélérer le développement de transports plus propres dans les villes, comme en témoignent celles qui ont participé à la rencontre Electric Road 2014 le 2 octobre.

Afin de participer à la décarbonisation des transports, les industriels du transport orientent leurs activités vers l’électrique. Selon la Commission européenne, l’électricité pourrait fournir environ 65 % de la demande énergétique des voitures individuelles et véhicules utilitaires légers, à terme.

L’environnement des usagers change

Pour des raisons économiques, les collectivités cherchent des solutions pour faire des économies sur le prix des carburants. Certaines ont ainsi fait le choix de l’électrique, comme la ville de Braunschweig en Allemagne. « Nous avons chercher à développer un transport durable et agréable pour les usagers », explique Franck Brandt, responsable contrôle pour Braunschweig Verkehrs AG.

La ville a ainsi mis en place un système de chargement souterrain pour ses bus. Ceux-ci peuvent se recharger tout en circulant grâce à un système d’induction électromagnétique entre deux bobines, au niveau de chaque arrêt et cinq minutes en bout de ligne. Les conducteurs comme les usagers sont satisfaits de ces nouveaux bus « propres » notamment parce qu’ils sont silencieux et qu’ils limitent les vibrations.

De même, la firme Siemens essaye de développer une autoroute électrique pour le transport de longue distance. Dans ce dispositif, les poids lourds sont équipés d’un pantographe, sorte de bras métallique articulé qui récupère le courant électrique fourni par des lignes électriques.

Les camions spécialement conçus pour cette « eHighway » possèdent un système hybride pour pallier d’éventuels obstacles ou pour circuler sur des routes non-munies de caténaires.

Besoin de décision politique

Pour Patrick Mignucci, gérant de la société B.E. Green spécialisée dans le transport collectif, il est important d’avoir des décisions politiques dans le domaine du transport électrique. « Il n’y a pas de feuille de route sur le sujet », indique-t-il. De ce fait, les exploitants et les constructeurs de véhicules propres sont « timides » pour le développement des véhicules électrique. 

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Pourtant dans son projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, Ségolène Royal y consacre d’ailleurs un chapitre afin de développer les transports propres « pour améliorer la qualité de l’air et protéger la santé ». Le développement et la diffusion de moyens de transport à faibles émissions est inscrit dans le texte comme une priorité.

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Le texte préconise que dès janvier 2016, au moins un véhicule sur deux soit électrique ou hybride rechargeable dans les établissements publics et l’administration d’Etat.

 

Lors du Conseil européen des 8 et 9 mars 2007, les chefs d’État et de gouvernement ont décidé de se fixer des objectifs pour lutter contre le réchauffement climatique.

Ainsi d’ici 2020, l’Union européenne doit diminuer d'au moins 20 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 ou 30 % si la situation internationale le permet. De même, elle doit diminuer de 20 % sa consommation énergétique par rapport aux projections pour 2020.

Elle doit parvenir à une part de 20 % de sources d'énergie renouvelables dans la consommation énergétique de l'UE et de 10 % dans les transports.

Pour 2030, le Conseil européen doit se réunir le 23 octobre prochain et décider de nouveaux objectifs sur la base des propositions de la Commission européenne de février dernier.

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