Luxembourg et Lisbonne, mauvais élèves de la lutte contre la pollution de l’air

Avertissement de pollution à Luxembourg. [Tristan Schmurr/Flickr]

Luxembourg et Lisbonne terminent en fin d’un classement des villes européennes sur les efforts en matière de lutte contre la pollution atmosphérique.

Zurich et Copenhague caracolent en tête du classement de l’initiative, Sootfree Cities, qui note les mesures prises par 23 villes dans 16 pays pour préserver la qualité de l’air.

Lors du dernier classement publié par le Bureau européen de l’environnement et Les Amis de la Terre Allemagne, en 2011, Berlin était première. La capitale allemande est aujourd’hui à la cinquième place, suivie, à égalité, par Londres et Paris.

La pollution de l’air 10 fois plus mortelle que la route

La pollution de l’air cause tous les ans 400 000 décès dans l’UE, soit dix fois plus que les accidents de la route. Les normes de qualité de l’air suisses sont beaucoup plus strictes que celles qui prévalent dans l’UE. 

Le rapport sur lequel se base le classement Sootfree Cities montre les progrès qui ont été accomplis en termes de réduction de la concentration des particules fines et de l’oxyde d’azote dans l’air.

« Si 90 % des Européens qui vivent en ville respirent toujours un air pollué, Copenhague, Stockholm, Vienne et Berlin respectent, ou respecteront d’ici deux ans les limites européennes », explique Arne Fellermann, responsable de politiques de transport chez Les Amis de la Terre Allemagne.

Les chercheurs se sont penchés sur les mesures mises en place ces cinq dernières années et sur les programmes de lutte contre la pollution de l’air pour les cinq ans à venir. Ils ont examiné une variété de mesures mises en place, comme la promotion des transports durables et la gestion du trafic routier.

>> Lire : Le débat s’ouvre sur la qualité de l’air au Parlement européen

Pas assez d’efforts au niveau européen

Arne Fellerman indique que les villes européennes luttent contre la pollution de l’air afin de respecter les normes imposée par l’UE, mais qu’il n’y avait pas assez d’efforts fournis au niveau européen lui-même.

« Les villes peuvent faire des tas de choses pour améliorer la qualité de l’air, mais elles restent exposées à certains types de pollution qui échappent à leur contrôle », souligne Louise Duprez, responsable de politiques liées à la pollution de l’air au Bureau européen de l’environnement. « C’est le cas de la pollution émise hors des villes, par les secteurs agricole ou industriel, par exemple. »

Les objectifs européens pour 2020, 2025 et 2030 en ce qui concerne la qualité de l’air doivent être revus à la hausse, estiment les militants. Cela permettrait de réduire la pollution longue distance, face à laquelle les villes sont impuissantes.

Les limites d’émissions autorisées sont en cours de négociation. Elles entrent dans le cadre de la directive sur les plafonds d’émission nationaux. Les parlementaires européens examineront les propositions avant un vote qui se tiendra mi-juillet.

Selon les ONG, la législation devrait refléter les émissions liées aux véhicules dans des conditions de conduite réelles et mettre des limites aux émissions émanant des engins de construction.

>> Lire : Des ONG demandent à la Commission de s’expliquer après l’abandon du paquet économie circulaire

Moins de voitures

Les municipalités de Zurich et Copenhague ont réussi à réduire drastiquement le nombre de voitures qui circulent en ville. Elles ont également mis en place des restrictions en ce qui concerne les véhicules très polluants et les engins de construction.

Les responsables politiques y ont encouragé les moyens de transports plus verts, comme le vélo ou la marche, souligne le rapport du Bureau européen de l’environnement et des Amis de la Terre Allemagne.

Luxembourg est au contraire une ville où la voiture domine, avec un taux d’utilisation de voitures ou de motos extrêmement haut, de 72,5 %. Malgré une recommandation de l’OCDE, la ville n’a pas délimité de zones à faibles émissions, ni de taxe d’embouteillage.

À Lisbonne, les taux de pollution sont élevés et dépassent de façon permanente les limites imposées par l’UE. Si une zone de faibles émissions a été déterminée, pratiquement aucune mesure concrète n’a été mise en place avant 2014.

Cette vidéo indique le taux de pollution de l’air au-dessus du quartier européen à Bruxelles, 14ème ville au classement Sootfree Cities.

La pollution de l'air comprend plusieurs types de particules : la fumée, la saleté et la poussière issues des grosses particules (PM10) ; les métaux et fumées toxiques issues de la fonte de métaux, des gaz d'échappement, des centrales nucléaires et de l'incinération des déchets (matières à fines particules PM2.5).

La directive de 2008 sur la qualité de l'air vise à harmoniser et à renforcer la réglementation européenne en matière de normes pour la pollution et l'air. Elle est en cours de révision.

Selon cette directive, les États membres sont tenus de réduire l'exposition aux matières à fines particules de 20 % en moyenne d'ici 2020, par rapport aux niveaux de 2010.

La plupart des politiques appliquées proviennent de la stratégie sur la qualité de l'air, qui vise à réduire les émissions de dioxyde de soufre (SO2) de 82 %, les émissions d'oxyde d'azote (NOx) de 60 %, les émissions de composés organiques volatiles de 51 %, les émissions d'ammoniac (NH3) de 27 %, et les particules primaires de 59 % par rapport aux niveaux de 2000.

Les groupes de protection de la santé pensent que les coûts engendrés par la réduction des émissions, grâce à des filtres de fumées d'usine, des véhicules propres et l'adoption de carburants renouvelables, représenteraient en outre une économie. Les dégâts sanitaires liés à la mauvaise qualité de l’air coutent en effet très cher aux États.

La directive sur le plafond d'émission national (PEN) faisait partie du paquet législatif. Elle prévoit des plafonds d'émissions à atteindre d'ici 2020 pour six polluants atmosphériques, comme les matières particulaires et l'oxyde d'azote. 

  • Mi-juillet : Vote sur la directive PEN au Parlement européen.

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