Se réunissant pour leur sommet bilatéral annuel le 9 juin, la chancelière allemande et le président français sont parvenus à trouver un compromis sur un différend de longue date concernant les plans de la Commission destinés à limiter les émissions de CO2 pour les nouvelles voitures.
Dans une déclaration commune, les deux dirigeants ont apporté leur soutien aux plans de l’UE visant à réduire les émissions de CO2 des nouveaux véhicules à une moyenne de 120g/km d’ici 2012 par rapport aux niveaux actuels s’élevant autour de 160g/km.
Tout en restant vagues sur les détails, Mme Merkel et M. Sarkozy ont déclaré qu’ils avaient convenu que les objectifs devraient être basés sur le poids des véhicules, comme proposé par la Commission. Ceci permettrait à des véhicules plus lourds et plus polluants, comme les SUV et les modèles de luxe produits par les fabricants allemands, d’émettre plus, à condition que les fabricants équilibrent cette production avec des modèles plus petits et moins polluants.
Ils ont également pris une mesure supplémentaire, en soutenant une période importante destinée à introduire graduellement les limites proposées. Ils ont affirmé que leurs pays soutiennent une introduction graduelle et importante, allant au-delà de la proposition de la Commission, qui tient compte des capacités technologiques de l’industrie automobile.
Mme Merkel et M. Sarkozy ont également appelé à plus de souplesse concernant les amendes attribuées aux contrevenants. Ils ont estimé que celles-ci devraient être adaptées pour les petits écarts des fabricants de voitures de leurs objectifs.
Ils ont ajouté qu’il faudrait accorder un moment de répit aux fabricants de voitures s’ils tentent d’introduire une technologie plus propre. Selon eux, la directive devrait permettre aux fabricants de voitures de se voir accorder un crédit, jusqu’à une certaine limite (de six à huit grammes) pour la moyenne de leur flotte, lié à l’utilisation de ces technologies vertes.
L’initiative représente une concession importante de la part de la France, qui a tendance à produire des voitures beaucoup plus petites et moins polluantes, dont la plupart sont déjà sur le point de réaliser l’objectif de 2012.
M. Sarkozy a affirmé qu’il comprend la position de l’Allemagne sur la question : « Je comprends parfaitement les intérêts de nos amis allemands et l’aspect presque identitaire de la construction automobile de haute qualité en Allemagne ».
Mme Merkel a applaudi l’accord en déclarant qu’il s’agit d’une avancée importante qui a montré que l’Allemagne et la France peuvent travailler ensemble afin de résoudre les principales différences et que les deux pays ouvriront la voie à un accord au niveau européen.
Durant leur rencontre, M. Sarkozy a également tenté rallier son homologue allemand à sa cause concernant une proposition visant à limiter la flambée des prix du pétrole en baissant les taxes européennes sur les carburants à la veille d’un sommet européen clé le 19 et 20 juin prochains. Mais Mme Merkel a simplement répondu qu’elle estime que chaque pays a des conditions très spécifiques.
Le président français a également lancé l’idée de la coopération de Berlin sur l’énergie nucléaire qu’il voit comme une solution d’avenir face à l’explosion des prix du pétrole et du gaz, en déclarant que les deux pays devraient travailler ensemble à la construction de centrales nucléaires de nouvelle génération.
Cependant, Mme Merkel a rappelé son accord avec les partenaires de la coalition de retirer progressivement la puissance nucléaire d’ici 2021, bien qu’elle pense personnellement qu’il s’agit d’un choix imprudent.

