Payer plus pour rouler plus : les Européens sont d’accord

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Une majorité d'Européens seraient contents de payer des taxes plus élevées pour rouler plus, révèle une étude commandée par la DG transport de la Commission européenne et publiée en mars. Un reportage d'EURACTIV France.

L’institut Eurobaromètre a réalisé une enquête dans tout l'UE pour analyser les habitudes des Européens en matière de transport quotidien. Ce sondage semble surtout destiné à mesurer la popularité des propositions faites par la Commission européenne dans son Livre blanc sur les Transports, qui devrait être publié prochainement.

Dans la dernière version qu’EURACTIV a pu lire, l’Exécutif propose d’appliquer « une internalisation, pour tous les véhicules routiers, des coûts sociaux liés à la congestion, à la pollution, au bruit et aux accidents ».

Concrètement, une telle mesure consisterait à dupliquer le système de l’Eurovignette pour les poids-lourds à tous les véhicules routiers. C’est-à-dire, de donner le droit aux Etats membres de moduler les taxes de péages en fonction des heures de pointe, ainsi que de la pollution atmosphérique et sonore des véhicules. 

"Payer si l'on conduit"

Le sondage de la Commission ne pose pas explicitement la question sur cette mesure, mais sur une modification de la taxation automobile fondée sur un système de « pay-as-you-drive ».

Le but serait de remplacer les taxes d’immatriculation et de circulation par de nouveaux systèmes de tarification prenant en compte l'utilisation réelle de la voiture : kilomètres parcourus, utilisation en période de pointe, etc.

Les résultats de l’enquête montrent que 50% des personnes interrogées disent vouloir soutenir ce système de taxation (dont 16% fortement) ; parmi les 50% restant, 31% se disent opposées à un tel système (dont 13% fortement) et un peu moins de 20% sont sans avis.

Ces proportions évoluent peu selon que les personnes sondées utilisent  principalement leur voiture ou les transports publics.

Parmi ceux qui utilisent principalement leurs voitures, les Luxembourgeois (73%), les Italiens (70%) et les belges (76%) se montrent les plus favorables à ce système de pay-as-you-drive. Les Français sont dans la moyenne européenne (53%), tandis que les automobilistes Lituaniens et Lettons sont les plus réticents (respectivement 58% et 51%).

Plus loin que l'eurovignette

S’il venait à être appliqué, ce système irait plus loin que l’Eurovignette puisqu’il viserait à remplacer les systèmes de taxation actuels. Pour être adopté par les Etats membres, il nécessiterait en outre d’être suffisamment élevé pour compenser les pertes de recettes fiscales engendrées par les taxes actuelles.

Et ce d’autant plus que le nombre de kilomètres parcourus en voiture (sur lequel se fonderait en partie le pay-as-you-drive) par les Européens dans les pays de l’Ouest a tendance à baisser chaque année.

Oui à la voiture électrique

Autre proposition faite dans le Livre Blanc du Transport de la Commission européenne : imposer des restrictions de vitesse aux  véhicules utilitaires et rendre obligatoire les « limitateurs de vitesse » sur les véhicules particuliers.

Là encore cette proposition trouve écho dans les résultats du sondage d’Eurobaromètre : 68% des Européens se disant prêts à conduire moins vite pour réduire leurs émissions de CO2 (80% des Français interrogés).

Les Européens sont également prêts à faire des compromis sur le choix de leur voiture et à opter pour des véhicules plus petits (62%) et présentant moins d’autonomie (56%). Ce dernier critère vise clairement à analyser si oui ou non la « faible » autonomie des véhicules électriques fortement encouragés par la Commission européenne, par rapport à celle des véhicules Diesel et essence, pourrait être un frein à leur achat.

Les Français se situent systématiquement au-dessus de la moyenne lorsqu’il s’agit de faire des compromis sur la taille (70%) et l’autonomie (64%) de leurs voitures. Ils  sont en revanche plus frileux lorsqu’il s’agit de payer davantage pour acquérir une voiture plus respectueuse de l’environnement (47% pour, 40% contre).

Article rédigé par Emilie Binois pour le Réseau EURACTIV.

La stratégie de l'UE sur les transports est basée sur un livre blanc de la Commission européenne présenté en 2001 qui propose 60 mesures vouées à restructurer la politique des transports de l'UE afin de la rendre plus durable et d'éviter d'immenses pertes économiques causées par les embouteillages, la pollution et les accidents.

Un examen à mi-parcours de cette stratégie avait pour but de rééquilibrer la politique en fonction des objectifs économiques.

En juin 2009, la Commission a présenté une communication sur un avenir durable pour les transports qui appelait à un système intégré, technologique et respectueux de l'environnement pour les transports après 2010. Cette communication avait pour objectif d'identifier les options politiques pour le prochain livre blanc de 2010.

Une première ébauche du document est déjà apparue à l'automne 2010.

Le transport est responsable de 25 % des émissions de CO2.

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