Transport maritime : naviguer à vitesse réduite pour diminuer les émissions de carbone de 15 %

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Selon un récent rapport, si les navires étaient forcés de ralentir leur vitesse, ils pourraient réduire de 15 % leurs émissions de carbone et économiser des milliards sur leurs factures de carburant.

Ce rapport, intitulé « Regulated slow steaming in maritime transport » et rédigé par le cabinet de conseil CE Delft, établit que si la vitesse moyenne dans le transport maritime mondial était réduite de 10 %, les émissions de dioxyde de carbone diminueraient de 19 %, et ce même en prenant en compte les coûts de construction et de fonctionnement des nouveaux bateaux afin de pallier la perte de capacité.

« Naviguer à vitesse réduite permettrait d'atteindre des niveaux de réduction d'émission d'ici 2030 puis 2050 bien plus intéressants que dans le cadre de toutes les autres options envisagées par l'OMI et l'UE », a déclaré John Maggs de Seas At Risk, l'une des organisations qui a commandé ce rapport. « Cela se traduirait en outre par un gain économique non négligeable. »

L'Organisation maritime internationale (OMI) est l'organe des Nations unies qui supervise la sécurité du transport maritime et la pollution qu'il génère.

Le transport maritime international est actuellement responsable de 4,5 % des émissions de CO2, mais si la situation reste inchangée, ce chiffre pourrait atteindre 10 à 32 % d'ici 2050, selon les prévisions du Programme des Nations unies pour l'environnement.

Protocole de Kyoto

En 1997, le protocole de Kyoto a exhorté l'OMI à réduire les émissions du transport maritime mondial, mais l'accord a échoué.

En mai dernier, les ministres européens des finances ont appelé l'OMI à « établir sans délai un cadre politique mondial afin d'éviter des distorsions concurrentielles ou des fuites de carbone ». Ils ont également suggéré que la tarification du carbone pour les émissions du transport maritime devienne une source de revenus.

Alors que la frustration de voir l'industrie maritime traîner les pieds sur la question de plus en plus pressante des émissions ne fait que croître, la commissaire européenne à l'action pour le climat, Connie Hedegaard, a déclaré en juillet dernier qu'il était « grand temps » de conclure un accord avec l'OMI.

Elle a poursuivi : « Même si nous préfèrerions trouver une solution à l'échelle mondiale, les États membres et le Parlement européen ont demandé à la Commission de présenter une proposition visant à réduire les émissions du transport maritime en 2012 dans l'éventualité où l'OMI ne trouverait pas de solution elle-même ».

La DG Commerce de l'UE s'oppose toutefois fortement à l'introduction du transport maritime au sein du système européen d'échange de quotas d'émission. Toute nouvelle proposition en ce sens devra sans doute attendra la résolution du conflit actuel sur l'inclusion de l'aviation.

Vitesse réduite

Le rapport de CE Delft aurait été commandé après que l'OMI a rejeté l'idée que réduire la vitesse pourrait contribuer à limiter l'impact du transport maritime sur le changement climatique.  

« Les arguments en faveur d'une réduction de la vitesse sont aussi convaincants qu'évidents ;  il est temps que les régulateurs se penchent sur la question »,  a déclaré Bill Hemmings de Transport & Environment, l'une des organisation qui a demandé la réalisation de cette étude.

Ce rapport a été présenté lors de l'ouverture par l'OMI de la 63e réunion du comité de protection du milieu marin. L'organisation maritime reprend également les discussions sur les approches techniques, opérationnelles et basées sur le marché pour la lutte contre les émissions de CO2. Maersk, l'un des plus grands opérateurs maritimes au monde, a mené des essais approfondis sur la réduction de la vitesse, qui serait selon lui bénéficierait autant à l'industrie qu'à l'environnement.

En juin 2006, la Commission a adopté un livre vert sur la politique maritime de l'UE, marquant le début d'une période de consultation d'un an qui a pris fin le 30 juin 2007.

L'objectif de cette politique était de réunir des secteurs auparavant traités séparément (la pêche, la construction navale, les activités portuaires, le tourisme, l'aménagement côtier, la protection de l'environnement et la sécurité maritime) en considérant que toute action dans l'un de ces domaines a souvent des répercussions sur les autres.

Les océans sont essentiels pour l'Europe, dont les régions maritimes abritent 40 % de la population totale. Les activités maritimes et côtières fournissent quelque cinq millions d'emplois et génèrent 40 % du revenu de l'UE.

 

  • International Maritime OrganisationIMO

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