Le désaccord entre le Premier ministre croate Andrej Plenković et le président du pays Zoran Milanović prend de l’ampleur depuis que le président français Emmanuel Macron a laissé entendre plus tôt cette semaine que l’envoi de troupes occidentales en Ukraine ne devrait pas être « exclu ».
Une vingtaine de dirigeants européens se sont réunis à Paris lundi (26 février) pour un sommet consacré au soutien à l’Ukraine, alors que la guerre de la Russie en Ukraine dure depuis plus de trois ans déjà
Bien que le président français ait précisé lundi qu’« aucun consensus » n’avait été atteint sur cette question, ses commentaires ont suscité de nombreux débats.
En effet, évoquer l’éventualité de l’envoi de troupes occidentales en Ukraine contraste fortement avec la ligne rouge tracée par l’Europe occidentale, et de nombreux dirigeants, en Espagne, en Pologne ou encore en Espagne, ont fermement rejeté cette possibilité depuis.
En Croatie, Andrej Plenković a lui aussi déclaré que son pays n’enverrait pas de soldats en Ukraine, ajoutant que Zagreb continuerait à aider Kiev comme elle l’a fait jusqu’à présent, c’est-à-dire économiquement, financièrement, militairement et sur le plan humanitaire.
Il a ajouté qu’en décembre 2022, seules quatre voix auraient été nécessaires au parlement pour approuver la participation de la Croatie à la mission de formation des soldats ukrainiens EUNAM.
Interrogé par des journalistes mardi (27 février) sur l’annonce d’Emmanuel Macron, le Premier ministre croate a répondu : « Comme nous n’avons même pas été capables de nous accorder sur cette action symbolique, nous n’avons même pas proposé que des soldats croates se rendent en Ukraine ».
Plus tard, il a clarifié sa formulation, affirmant qu’aucun représentant croate à Paris n’avait jamais demandé l’envoi de soldats en Ukraine.
Le bureau de Zoran Milanović a tout de même vivement réagi.
« De quoi a-t-on discuté exactement à Paris, et qu’est-ce que M. Plenković y a promis au nom de la Croatie ? » s’est interrogé le bureau du président. « Au nom de qui et dans l’intérêt de qui M. Plenković revendique-t-il le droit de participer ne serait-ce qu’aux discussions sur la participation des soldats croates à la guerre en Ukraine ? »
« S’il n’y avait pas de parlement croate et de président, il est clair que M. Plenković aurait directement impliqué la Croatie dans la guerre en Ukraine », a affirmé le bureau du président.
Un désaccord de longue durée
Le conflit entre les deux hommes politiques au sujet de la guerre en Ukraine dure depuis le début de l’invasion russe en février 2022.
M. Plenković accuse M. Milanović de « russophilie » et a précédemment déclaré qu’il « agissait comme un fonctionnaire du Kremlin ».
M. Milanović, quant à lui, insiste sur le fait que puisque l’Ukraine ne fait pas partie de l’OTAN, la Croatie n’a pas d’obligations envers elle.
Le Premier ministre a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky mercredi (28 février) lors du sommet entre l’Ukraine et l’Europe du Sud-Est organisé à Tirana par le Premier ministre albanais Edi Rama. M. Plenković lui a proposé l’aide de son pays pour le déminage, comme il l’a indiqué sur X.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]


