Les conseillers à la sécurité nationale de 82 pays, parmi lesquels de nombreux pays non occidentaux, se sont réunis à Davos, en Suisse, dimanche (14 janvier) pour le quatrième cycle de discussions initiées par l’Ukraine en vue de présenter des solutions de paix à la guerre menée par la Russie.
La réunion des conseillers a eu lieu quelques jours avant la réunion annuelle du Forum économique mondial (FEM), qui doit débuter mardi (16 janvier), avec la participation du président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Des responsables ukrainiens et occidentaux ont salué la participation croissante de conseillers à la sécurité nationale de pays non occidentaux à ces discussions, comprenant 18 états asiatiques et 12 états africains.
Le nombre de délégations présentes à cette dernière réunion était également nettement supérieur au nombre enregistré pour le dernier cycle de discussions à Malte en octobre (65) et précédemment à Copenhague et à Djeddah.
Le plan de paix en dix points proposé par M. Zelensky comprend plusieurs demandes, y compris la restauration de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, le retrait des troupes russes, la sécurité en matière d’approvisionnement en nourriture et en énergie, la sécurité nucléaire et la libération de tous les prisonniers.
Mais jusqu’à présent, les réunions se sont achevées sans déclaration finale ni date fixe pour le sommet des dirigeants.
À Davos, après avoir finalisé les discussions sur les dix points prévus, l’Ukraine a proposé d’organiser le sommet de la paix au niveau des dirigeants dans un avenir proche, en s’appuyant sur les travaux préparatoires menés au cours de l’année écoulée.
Andriy Yermak, chef de cabinet de M. Zelensky, a déclaré aux journalistes que « des discussions ouvertes et très constructives » avaient eu lieu entre « les pays qui veulent être du côté […] de la paix ».
Parmi les pays du Sud ayant participé à la réunion, on retrouve le Brésil et l’Afrique du Sud. Leurs conseillers se sont par ailleurs montrés « particulièrement actifs dans les discussions », a souligné M. Yermak.
Les représentants ukrainiens ont indiqué que l’Argentine, l’Uruguay, l’Équateur, le Mexique, Israël, le Nigeria et les états du Golfe comptaient parmi les participants notables qui se sont déplacés en personne.
Cependant, la décision de la Chine, alliée principale de Moscou, de s’abstenir une nouvelle fois de participer à la réunion a sapé l’importance de cette dernière, selon des représentants de pays occidentaux.
« La participation [des pays membres de] l’alliance des BRICS est très importante, car ces pays entretiennent des relations avec la Russie », a déclaré le ministre suisse des Affaires étrangères, Ignazio Cassis.
« La Chine joue un rôle important. Nous devons trouver des moyens de travailler avec la Chine sur ce sujet », a indiqué M. Cassis aux journalistes.
Un dialogue « ouvert »
Les discussions ont donné lieu à un « dialogue ouvert, certaines contradictions ayant été abordées sans ambages », a expliqué une personne au fait des débats.
Selon cette dernière, plusieurs pays non occidentaux ont également rappelé qu’ils estimaient que la Russie devait être impliquée dans les discussions et qu’il fallait tenir compte des préoccupations sécuritaires de Moscou, telles que le souhait de l’Ukraine d’adhérer à l’OTAN, dans la recherche d’une solution au conflit.
Les partenaires occidentaux « ont exprimé un soutien sans équivoque à l’Ukraine et à ses plans de paix, en appelant les pays du Sud à faire comprendre à la Russie l’importance du respect de la charte des Nations unies et de ses principes fondamentaux dans l’intérêt de la sécurité mondiale », a ajouté la source.
« Bien sûr, nous avons des idées différentes sur la manière dont il est possible de [parvenir à la paix] », a déclaré Andriy Yermak lorsqu’il a été invité à s’exprimer au sujet de la cohésion des pourparlers.
« Certains pensent qu’il est nécessaire de s’asseoir immédiatement à la table [avec la Russie] », a-t-il ajouté.
Les pourparlers de paix n’impliquent pour l’instant pas la Russie, qui a lancé une invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022 et occupe à ce jour près d’un cinquième du pays.
Jusqu’à présent, Moscou a rejeté la proposition de paix, affirmant qu’elle serait impossible à mettre en œuvre.
Les autorités ukrainiennes refusent de leur côté toute négociation qui pourrait les contraindre à céder des territoires à la Russie, même si l’aide financière et militaire de l’Occident à l’Ukraine se heurte actuellement à des obstacles de plus en plus nombreux.
En outre, ni l’Ukraine ni la plupart des pays occidentaux ne considèrent que le Kremlin a manifesté un intérêt sérieux pour une issue diplomatique au conflit, tandis que ce dernier a insisté sur le fait qu’il ne ferait pas pression sur Kiev pour qu’elle entame des négociations en vue d’un cessez-le-feu.
Cependant, toutes les délégations présentes à Davos étaient « unanimes en ce qui concerne les principes fondamentaux sur lesquels reposent le droit international et le statut des Nations unies », a souligné M. Yermak.
Le chef du cabinet du président ukrainien a également souligné qu’à ce jour, aucun allié occidental n’a demandé à l’Ukraine de faire la moindre concession concernant son territoire, « ce qu’ils savent être inacceptable pour nous », et que l’Ukraine n’accepterait jamais un « conflit gelé ».
« Pour tous les Ukrainiens, le plus important est de gagner cette guerre », a affirmé M. Yermak.
Plus tôt, dans une déclaration faite par la présidence ukrainienne, M. Yermak a déclaré qu’un simple cessez-le-feu ne mettrait pas fin à « l’agression » de la Russie. « Ce n’est certainement pas la voie de la paix. Les Russes ne veulent pas la paix. Ils veulent dominer », a-t-il poursuivi.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]


