Des dizaines de personnalités tchèques ont exhorté leur gouvernement à créer un mécanisme de financement dédié à l’Ukraine si la Hongrie bloque l’approbation de nouveaux fonds lors du Conseil européen des 14 et 15 décembre.
60 personnalités tchèques, dont des écrivains, des cinéastes ou des représentants d’organisations de soutien à l’Ukraine, ont signé une lettre exhortant leur gouvernement à mettre sur pied un mécanisme financier distinct, afin de continuer à soutenir les efforts de guerre de l’Ukraine, selon l’Agence de presse tchèque.
« Il est inacceptable qu’un groupe de 26 pays démocratiques [européens] soit bloqué par un Premier ministre [Viktor Orbán] soupçonné d’avoir des liens clientélistes avec le régime criminel russe », ont déclaré les auteurs de la lettre.
Le sommet des dirigeants européens devrait décider de l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE avec l’Ukraine, ainsi que d’une aide à long terme pour le pays, d’un montant de 50 milliards d’euros. Une aide militaire est aussi au cœur des négociations.
« Nous vous demandons d’essayer de trouver un moyen de garantir un financement responsable pour la défense de notre partenaire important qu’est l’Ukraine », ont-ils ajouté.
La semaine dernière, M. Orbán a demandé que l’ouverture des négociations d’adhésion ne soit pas à l’ordre du jour du Conseil européen. Les représentants hongrois ont également annoncé en novembre qu’ils ne soutiendraient pas l’aide financière à long terme à l’Ukraine.
Le Premier ministre tchèque Petr Fiala a répondu à la lettre en déclarant que la République tchèque était l’un des principaux soutiens de l’Ukraine depuis le début de la guerre menée par la Russie dans le pays et qu’elle souhaitait une réponse forte et unie européenne.
« J’aborderai les négociations avec l’objectif de maintenir une unité au sein de l’Union européenne et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour trouver un consensus. Toutefois, si [blocage il y a], je suis prêt à discuter activement d’une solution permettant de continuer à soutenir l’Ukraine et sur laquelle la grande majorité des États membres trouveraient un consensus », a répondu M. Fiala.
Selon certains critiques, la Hongrie utiliserait son droit de veto afin de forcer la main de la Commission européenne et débloquer des fonds européens qui lui sont destinés. Mais ces fonds n’ont jamais été versés pour des raisons liées à l’État de droit.
La Commission européenne a débloqué mercredi (13 décembre) 10 milliards d’euros de fonds européens pour apaiser Budapest. Plus de 30 milliards d’euros de fonds de cohésion et de relance destinés à la Hongrie ont été gelés depuis décembre 2022.
Le directeur politique de M. Orbán, Balazs Orbán, a déclaré mardi à Bloomberg que Budapest pourrait donner son feu vert à un « paquet » financier pour l’Ukraine si Bruxelles débloquait tous les fonds gelés par l’Union européenne.
Le commissaire au budget Johannes Hahn a déclaré aux journalistes, dont Euractiv, qu’un plan B pourrait être envisagé si M. Orban entravait un accord sur le soutien financier à l’Ukraine.


